Poèmes sur le thème de l'été
Voyages
Je voudrais faire des voyages,
Aller très vite, aller très loin…
Je voudrais voir tous les rivages
Des mers que je ne connais point.
Mais je n’ai qu’une patinette
Et un petit cheval de bois !
Le cheval a mauvaise tête,
La patinette fuit sous moi.
Si j’avais une bicyclette,
J’irais, dès le soleil levant,
Par les routes blanches et nettes ;
J’irais plus vite que le vent.
Si j’avais une automobile
Je roulerais au clair matin ;
Je roulerais de ville en ville,
Jusqu’aux murailles de Pékin.
Je voudrais une paire d’ailes
Pour m’envoler au ciel profond,
Parmi les vives hirondelles…
Qu’on me donne un petit avion !
Ou bien des bottes de sept lieues…
Car je suis un petit Poucet
Qui voit passer des choses bleues,
Comme si l’Enchanteur passait.
Ernest Pérochon
Partir
Partir !
Aller n'importe où,
vers le ciel
ou vers la mer,
vers la montagne
ou vers la plaine !
Partir !
Aller n'importe où,
vers le travail,
vers la beauté
ou vers l'amour!
Mais que ce soit avec une âme pleine
de rêves, de lumières,
Avec une âme pleine
de bonté, de force et de pardon !
S'habiller de courage et d'espoir,
et partir,
malgré les matins glacés,
les midis de feu,
les soirs sans étoiles.
Raccommoder, s'il le faut
nos cœurs
comme des voiles trouées,
arrachées
au mât des bateaux.
Mais partir !
Aller n'importe où
Et malgré tout !
Mais accomplir une œuvre !
Et que l'œuvre choisie
soit belle,
et qu'on y mette tout son cœur,
et qu'on lui donne toute sa vie.
Cécile Chabot
Les papillons
De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ?
– Moi, les roses ;
– Moi, l'aspect d'un beau pré vert ;
– Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
– Moi, le rossignol qui chante ;
– Et moi, les beaux papillons !
Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau !...
Quand revient l'été superbe,
Je m'en vais au bois tout seul :
Je m'étends dans la grande herbe,
Perdu dans ce vert linceul.
Sur ma tête renversée,
Là, chacun d'eux à son tour,
Passe comme une pensée
De poésie ou d'amour !
Voici le papillon « faune »,
Noir et jaune ;
Voici le « mars » azuré,
Agitant des étincelles
Sur ses ailes
D’un velours riche et moiré.
Voici le « vulcain » rapide,
Qui vole comme un oiseau :
Son aile noire et splendide
Porte un grand ruban ponceau.
Dieux ! le « soufré », dans l’espace,
Comme un éclair a relui…
Mais le joyeux « nacré » passe,
Et je ne vois plus que lui
Gérard de Nerval